En sortir

 

L'Église d'aujourd'hui et les divorcés remariés  : André Naud (théologien, philosophe canadien)

On ne voit pas comment la pensée et la pratique actuelles pourraient être dites évangéliques et chrétiennes, puisqu'on n'y retrouve pas l'attention et la compassion qu'avait le Christ pour ceux qui vivent des situations humaines difficiles.
On ne comprend pas qu'on puisse imposer une vie de célibataire à des personnes, parfois très jeunes, qui ne sont pas faites pour cet état de vie et qui, très souvent, ne sont aucunement coupables de la situation dans laquelle elles se retrouvent après l'échec d'un premier mariage.

On proclame d'un côté la nécessité et l'importance pour la vie chrétienne de la fréquentation des sacrements et notamment de la Pénitence et de l'Eucharistie, alors qu'on en refuse l'accès à des croyants nombreux qui en auraient justement grand besoin.

La condition spirituelle dans laquelle on enferme les divorcés remariés est pour plusieurs la source de tourments et d'inquiétudes bien peu propices à une vie religieuse menée dans la joie et l'espérance.

Une première condition s'impose pour sortir de l'impasse. Elle consiste à consentir à voir l'enseignement de Jésus en regard de l'indissolubilité du mariage comme le rappel d'un important devoir moral et non pas comme s'il s'agissait d'une nouvelle formulation juridique, plus absolue, de la loi mosaïque. En un sens, ce virage est la requête la plus essentielle si l'on veut sortir du cul-de-sac actuel. On ne compte plus aujourd'hui les critiques de l'approche trop juridique du mariage caractéristique de la pensée qui s'est installée dans l'Église depuis quelques siècles.