Se mettre en dehors de la communion de la grande Église ?

 

Un texte du théologien, le Père Giovanni Cereti que je viens de trouver et qui me marque très fort.

Théologien, le Père Giovanni Cereti - que le cardinal Kasper a cité comme étant son premier auteur de référence pour la reconstitution de la pratique de l’Église de l’antiquité à propos des divorcés remariés – ne s’est pas contenté de réaffirmer ses thèses en repoussant en bloc toute critique, mais il les a même accentuées, en avertissant ceux qui refusent l'eucharistie aux divorcés remariés qu’ils se mettent par là même "en dehors de la communion de la grande Église".

C’est en effet ce qu’il a écrit dans la préface de la toute récente réimpression d’un livre qu’il a lui-même consacré à cette question, "Divorziati risposati. Un nuovo inizio è possibile?" [Divorcés remariés. Un nouveau début est-il possible ?], publié aux éditions Cittadella, à Assise :

"Quelqu’un qui n’admet pas qu’il soit possible d’accorder à ces personnes la réconciliation sacramentelle et qui refuse à l’Église le pouvoir d’exercer la miséricorde au nom du Christ et de remettre tous les péchés, retombe dans l’erreur des novatiens. Ceux-ci excluaient de la réconciliation et de la communion, jusqu’au lit de mort, les gens qui s’étaient rendus coupables des péchés d’apostasie, d’homicide et d’adultère, ce dernier terme correspondant, selon eux, aux personnes désignées de cette manière dans l’évangile (et jamais aux veufs remariés). La grande Église a pris très rapidement conscience du fait qu’elle avait reçu du Seigneur le pouvoir d’absoudre n’importe quel péché ; c’est pourquoi elle admettait ces personnes à la pénitence et, au terme du temps de pénitence, elle leur permettait d’accéder de nouveau à la communion ecclésiale et eucharistique. Que le Seigneur ne permette pas que ceux qui, au nom de la défense de la foi, s’opposent aujourd’hui à la réconciliation des fidèles qui se trouvent dans une telle situation aillent jusqu’à tomber dans l’erreur novatienne, risquant par là même de se mettre en dehors de la communion de la grande Église !".

Aujourd’hui ceux qui, à l’instar de Giovanni Cereti, attirent l’attention sur ce qui était pratiqué par l’Église au cours des premiers siècles, proposent que l’on en revienne à un système de pénitence semblable à celui qui était utilisé à cette époque-là et qui est encore conservé de nos jours, sous une certaine forme, dans les Églises d’Orient.

En étendant aux personnes qui ont rompu leur premier mariage et ont contracté une seconde union le pouvoir qu’a l’Église d’absoudre tous les péchés, on ouvrirait – affirment-ils – la voie à « une plus grande valorisation du sacrement de réconciliation » et à « un retour à la foi de beaucoup de gens qui se sentent aujourd’hui exclus de la communion ecclésiale ».