État des lieux - Les interdits
Les textes de référence

 

Lumen Gentium, 11

"... L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne"

C'est bien ce qui est en question aujourd'hui : Le Magistère de notre Église nous exclu de la source et du sommet !

 

Synode des Évêques 1980 : Une ouverture.

Une motion a été votée :

« Le synode, dans le souci pastoral pour ces fidèles (divorcées remariés) souhaite qu’on se livre à une nouvelle et plus profonde recherche à ce sujet, en tenant compte également de la pratique des Églises d'Orient, de manière à mieux mettre en évidence la miséricorde pastorale »

 Et un an après...

 

Familiaris Consortio,  JEAN-PAUL II refermele 22 novembre 1981

Dans l'exhortation apostolique Familiaris Consortio, le magistère rappelle l'indissolubilité du mariage chrétien :

 La communion conjugale se caractérise non seulement par son unité, mais encore par son indissolubilité: «Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l'entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité». C'est un devoir fondamental pour l'Église d'affirmer encore et avec force - comme l'ont fait les Pères du Synode - la doctrine de l'indissolubilité du mariage: à ceux qui, de nos jours, pensent qu'il est difficile, voire impossible, de se lier à quelqu'un pour la vie, à ceux encore qui sont entraînés par une culture qui refuse l'indissolubilité du mariage et qui méprise même ouvertement l'engagement des époux à la fidélité, il faut redire l'annonce joyeuse du caractère définitif de cet amour conjugal, qui trouve en Jésus-Christ son fondement et sa force.

Il précise pourquoi les divorcés remariés ne peuvent recevoir le sacrement eucharistique (communion) :

84. (...) L'Église, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Écriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Église, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie.

... Et avec une ferme confiance, elle croit que même ceux qui se sont éloignés du commandement du Seigneur et continuent de vivre dans cet état pourront obtenir de Dieu la grâce de la conversion et du salut, s'ils persévèrent dans la prière, la pénitence et la charité.

C'est le premier interdit postconciliaire du sacrement de l'Eucharistie. Il "contredit objectivement" la miséricorde pastorale demandée par les Évêques en 1980

Analyse de Louis Dingemans

 

Code de Droit Canonique  1983

§ 2. Les fidèles ont la liberté de faire connaître aux Pasteurs de l'Église leurs besoins surtout spirituels, ainsi que leurs souhaits.

 § 3. Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l'Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l'intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l'utilité commune et de la dignité des personnes.

Can. 915 — Les excommuniés et les interdits, après l’infliction ou la déclaration de la peine et ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste, ne seront pas admis à la sainte communion.

Can. 916 — Qui a conscience d’être en état de péché grave ne célébrera pas la Messe ni ne communiera au Corps du Seigneur sans recourir auparavant à la confession sacramentelle, à moins d’un motif grave et qu’il ne soit dans l’impossibilité de se confesser ; en ce cas, il n’oubliera pas qu’il est tenu par l’obligation de faire un acte de contrition parfaite, qui inclut la résolution de se confesser au plus tôt.

 

Lex Orandi   Lex Credendi

(la loi de la prière détermine la loi de la croyance. Autrement dit, l’Eglise croit comme elle prie).

 Benoît XVI a rappelé l'importance des textes de prière de l'Eucharistie.

En particulier dans l'Exhortation apostolique post-synodale sacramentum caritatis  :
34.Le synode des évêques a beaucoup réfléchi sur la relation intrinsèque entre foi eucharistique et célébration, mettant en évidence le lien entre lex orandi et lex credendi, et soulignant le primat de l'action liturgique.

 Liturgie de la messe (Extraits de l’ordinaire de Magnificat)

Prière eucharistique

La veille de sa Passion, il prit le pain dans ses mains très saintes et, les yeux levés au ciel, vers toi, Dieu, son Père tout-puissant, en te rendant grâce il le bénit, le rompit, et le donna à ses disciples, en disant :

" Prenez, et mangez-en tous ; ceci est mon corps livré pour vous. "

De même, à la fin du repas, il prit dans ses mains cette coupe incomparable ; et te rendant grâce à nouveau il la bénit, et la donna a ses disciples, en disant :

"Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés".

Vous ferez cela, en mémoire de moi. »........

 Prière avant la communion

Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, selon la volonté du Père et avec la puissance du Saint-Esprit, tu as donné, par ta mort, la vie au monde ; que ton corps et ton sang me délivrent de mes péchés et de tout mal ; fais que je demeure fidèle à tes commandements et que jamais je ne sois séparé de toi

Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri

En particulier la formule de la consécration, Prenez, et mangez-en tous s'applique t'elle à TOUS ? Jésus a t'il vraiment demandé à ce que certains péchés soient "impardonnables ?

 

Lettre aux évêques, Cardinal Ratzinger  le 14 septembre 1994

 Année Internationale de la Famille,

CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI : LETTRE AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE  SUR L’ACCÈS À LA COMMUNION EUCHARISTIQUE  DE LA PART DES FIDÈLES DIVORCÉS-REMARIÉS

... ...

3. Conscients, cependant, que la vraie compréhension et l’authentique miséricorde ne sont jamais séparées de la vérité(4), les pasteurs ont le devoir de rappeler à ces fidèles la doctrine de l’Église concernant la célébration des sacrements et, en particulier, l’accès à l’Eucharistie. Sur ce point, ont été proposées, dans diverses régions, durant les dernières années, différentes pratiques pastorales selon lesquelles une admission globale des divorcés remariés à la Communion eucharistique ne serait certainement pas possible, mais ils pourraient y accéder dans des cas déterminés, quand, en conscience, ils se sentent autorisés à le faire.

Ainsi, par exemple, lorsqu’ils ont été abandonnés tout à fait injustement, bien qu’ils se soient efforcés sincèrement de sauver leur précédent mariage, ou quand ils sont convaincus de la nullité du mariage précédent sans pouvoir la démontrer au for externe, ou lorsqu’ils ont déjà parcouru un long chemin de réflexion et de pénitence, ou encore quand, pour des motifs moralement valables, ils ne peuvent satisfaire à l’obligation de se séparer.

De diverses parts, il a aussi été proposé que, pour examiner objectivement leur situation effective, les divorcés remariés devraient nouer un colloque avec un prêtre prudent et expert. Ce prêtre cependant serait tenu de respecter leur éventuelle décision de conscience d’accéder à l’Eucharistie, sans que cela n’implique une autorisation officielle.

Dans ces cas et d’autres semblables, il s’agirait d’une pratique pastorale tolérante et bienveillante visant à rendre justice aux différentes situations des divorcés remariés.

 

 Joseph Cardinal Ratzinger

Au cours d’une audience accordée au Cardinal Préfet sussigné, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, a approuvé la présente lettre, élaborée en réunion ordinaire de la Congrégation, et en a ordonné la publication.

En résumé, le Cardinal Ratzinger, dès 1994, ouvrait la porte avec tolérance. Vous avez dit incohérent ?

Le Cardinal Ratzinger parle ici de la communion ; ne peut on pas penser que recevoir le sacrement de réconciliation procède de la même démarche ? Et les prêtres, du coup, ne peuvent ils pas donner l'absolution dans les mêmes conditions ?

 

Déclaration du Conseil Pontifical pour les textes législatifs 24 juin 2000

.... ce Conseil Pontifical, d’accord avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et avec la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, déclare ce qui suit:

1. La prohibition que fait ledit canon, par nature, dérive de la loi divine... je parle de Loi Divine plus loin.

Le texte de l’Écriture auquel se réfère sans cesse la tradition ecclésiale est celui de Saint Paul: «C’est pourquoi quiconque mange le pain ou boit le calice du Seigneur indignement, se rend coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun s’examine donc soi-même et mange ensuite de ce pain et boive de ce calice ; car celui qui mange et boit sans reconnaître le corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation » (1 Cor 11, 27-29).

Ce texte concerne avant tout le fidèle lui-même et sa conscience morale, et c’est ce que formule le Code au canon suivant, le can. 916. Mais être indigne parce que l’on est en état de péché pose aussi un grave problème juridique dans l’Église...

En effet, recevoir le corps du Christ en étant publiquement indigne constitue un dommage objectif pour la communion ecclésiale; c’est un comportement qui attente aux droits de l’Église et de tous les fidèles à vivre en cohérence avec les exigences de cette communion. Dans le cas concret de l’admission à la sainte communion des fidèles divorcés remariés, le scandale, entendu comme une action qui pousse les autres vers le mal, concerne à la fois le sacrement de l’eucharistie et l’indissolubilité du mariage. Ce scandale subsiste même si, malheureusement, un tel comportement n’étonne plus : au contraire c’est précisément face à la déformation des consciences, qu’il est davantage nécessaire que les pasteurs aient une action patiente autant que ferme, pour protéger la sainteté des sacrements, pour défendre la moralité chrétienne et pour former droitement les fidèles.

 

Sacramentum Caritatis  BENOÎT XVI  le 22 février 2007

Le Synode des Évêques a confirmé la pratique de l'Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. Mc 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l'union d'amour entre le Christ et l'Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l'Eucharistie.

Toutefois, les divorcés remariés, malgré leur situation, continuent d'appartenir à l'Église, qui les suit avec une attention spéciale, désirant qu'ils développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la Messe, mais sans recevoir la Communion, par l'écoute de la Parole de Dieu, par l'adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l'engagement dans l'éducation de leurs enfants".

Il y a là une question de cohérence. La vérité de l’Eucharistie, c’est que ce sacrement signifie le don d’amour total et irréversible que Jésus fait de son Corps à l’Église. La vérité du mariage chrétien, c’est que, dans ce sacrement, les époux signifient par le don total qu’ils se font de leur vie le don total que Dieu fait aux hommes de sa propre vie. Le mariage et l’Eucharistie signifient donc la même vérité : celle de l’amour absolument fidèle – et on sait au prix de quelles souffrances ! – que Dieu veut offrir aux hommes.

Eh oui ! Nos papes successifs s'accrochent à cette "cohérence" qui serait d'imposer aux Chrétiens mariés d'être aussi parfaits, aussi forts que Christ ! Et, quand ils n'y arrivent pas, de les exclure de cette Force que Jésus nous apporté lors de sa Passion.

 

Le pape Benoît s'adresse aux divorcés remariés, le 04 juin 2012

Lors de la 7e Rencontre mondiale des familles, ce week-end à Milan, Benoît XVI s'est montré à la fois ouvert et ferme.

Un couple brésilien a demandé :

"Saint-Père, des couples remariés voudraient se rapprocher de l'Église, mais se voient refuser les sacrements. Ils se sentent frappés par un jugement irrévocable".

Le pape leur a répondu avec chaleur :
"Le problème des divorcés remariés est une des grandes souffrances de l'Église. Et nous n'avons pas de recettes simples".

Je trouve que nos papes successifs "souffrent beaucoup" mais ne font pas grand chose pour apaiser cette souffrance

Il a préconisé "un contact permanent" avec un prêtre, en ajoutant :
"L'Église les aime. Ils ne doivent pas se sentir dehors, même s'ils ne peuvent recevoir l'eucharistie. Ils doivent savoir que, de cette manière aussi, ils vivent pleinement dans l'Église".
Benoît XVI a expliqué que, même sans prendre "corporellement" l'hostie, ils pouvaient vivre la communion "spirituellement" quand ils assistent à la messe.

Les divorcés remariés ne peuvent pas non plus recevoir l'absolution.

"Je voudrais, a dit aussi Benoît XVI, réserver un mot aux fidèles qui, tout en partageant les enseignements de l'Église sur la famille, sont marqués par des expériences douloureuses d'échec et de séparation".
"Le pape et l'Église vous soutiennent dans votre peine. Je vous encourage à rester unis à vos communautés, tout en souhaitant que les diocèses prennent des initiatives d'accueil et de proximité adéquates", a-t-il ajouté.

Être chrétien sans participer à l'Eucharistie ?

Dans le livre "Le sel de la terre" (2005), répondant à Peter Seewald, le cardinal Ratzinger s'exprimait en ces termes

Je pense que l'on peut porter ce fardeau tout d'abord si l'on pense que bien d'autres gens n'ont pas non plus le droit de communier. Le problème n'est devenu si dramatique que parce que la communion est pour ainsi dire un rite social et que l'on est vraiment stigmatisé quand on n'y participe pas. Si l'on comprend que de nombreuses personnes doivent aussi se dire : j'ai commis une mauvaise action, je ne peux pas, tel que je suis, aller communier, et si, comme le dit saint Paul, on apprend ainsi à « discerner le corps du Christ », on verra aussitôt cela autrement. C'est une condition. Le second point, c'est qu'ils doivent sentir qu'ils sont quand même acceptés par l'Église, que l'Église souffre avec eux. 

Ah, vous êtes sûrs !!!!!!!!!!!

 

Cardinal Muller, printemps 2014

Comment bloquer tout changement !

Pour rendre compréhensible l’enseignement authentique de l’Église, nous devons procéder à partir de la Parole de Dieu qui est contenue dans l’Écriture Sainte, exposée dans la Tradition de l’Église et interprétée normativement par le Magistère.

Si ce texte ne vous fait pas penser à Jésus face aux docteurs de la loi et aux scribes...